Actualite

Date de péremption : Peut-on manger un produit périmé ?

L’idée est répandue qu’il existe des aliments qui ne périssent jamais ou qui peuvent être consommés sans problème au-delà de leur date de péremption. On peut évoquer les épices, les conserves, l’huile… Néanmoins ce n’est pas toujours le cas. 


Il arrive souvent que les consommateurs aient des doutes sur ce qu’ils doivent faire (ou ne pas faire) avec un aliment lorsque sa date de péremption est atteinte ou passée. 

Pourquoi existe-t-il des dates de péremption ?

En réalité, la nourriture n’est pas éternelle. Avec le temps, les nutriments se détériorent et peuvent devenir impropres à la consommation. Il y a deux raisons principales à cela :

  • Des bactéries et autres micro-organismes peuvent se développer et altérer les aliments ou même nous rendre malades. Par exemple : des moisissures peuvent se développer dans le miel si l’humidité est excessive. Ce qui peut provoquer des odeurs et un goût désagréables, et même constituer un risque pour la santé.
  • Des réactions biochimiques se produisent entre les composés de l’aliment, à partir desquels se forment d’autres composés, qui modifient les caractéristiques organoleptiques (aspect, odeur, goût, texture) ou présentent un risque pour la santé.

Afin de savoir combien de temps les aliments restent en bon état de conservation, les producteurs doivent réaliser des études de durée de vie, qui consistent en des analyses physico-chimiques, microbiologiques et sensorielles. 

De cette manière, il est possible d’avoir une idée de l’évolution de l’aliment au fil du temps. On peut ainsi établir une date de péremption (qui doit obligatoirement figurer sur l’étiquette du produit) et qui peut être exprimée de deux manières différentes : « date limite de consommation » et « date de péremption ».

Dans quels cas parle-t-on de date de péremption ou de date limite de consommation ?

Les aliments microbiologiques très périssables, c’est-à-dire qui peuvent présenter un risque immédiat pour la santé s’ils sont consommés peu après l’expiration de leur durée de conservation, doivent porter une « date de péremption ». C’est le cas par exemple, de la viande fraîche, où peuvent se développer des micro-organismes pathogènes tels qu’Escherichia coli ou Staphylococcus.

Toutes les autres denrées alimentaires, c’est-à-dire celles qui ne sont pas microbiologiques périssables et qui ne présentent pas un risque imminent pour la santé peu après leur date de péremption, doivent indiquer une « date limite de consommation » . Dans ces cas, les conditions de l’aliment ne sont pas favorables au développement des micro-organismes. Cela peut être du à sa composition (faible humidité comme dans le cas des biscuits), ou au fait qu’il a été soumis à un traitement de conservation (les conserves auxquelles on a appliqué un traitement thermique de stérilisation et un emballage hermétique).

Un détail important : la date limite de consommation et la date de péremption ne sont valables que si l’on respecte les conditions de conservation indiquées sur l’étiquette. Par exemple : « à conserver au réfrigérateur à une température comprise entre 0°C et 4°C » ou « à conserver dans un endroit frais et sec« . 

De plus, il est possible que la durée de conservation change une fois que nous ouvrons l’emballage, car l’aliment perd sa protection et est exposé à l’environnement (contamination microbiologique, oxygène, humidité…). C’est pourquoi des messages tels que « une fois ouvert, consommer dans les 5 jours » sont parfois affichés.

Quand doit-on jeter un aliment périmé ?

La première chose que nous faisons habituellement pour prendre une décision est de le regarder et de le sentir, pour voir s’il a un aspect et une odeur agréables. Si l’aliment passe ce test, nous le considérons comme propre à la consommation. Mais ce comportement est une erreur qui pourrait engendrer de mauvaises surprises, surtout si nous sommes confrontés à un aliment avec une date de péremption, comme une salade en sachet préparée.

La raison en est que de nombreux agents pathogènes susceptibles de se développer dans les aliments ne provoquent pas d’altération de leurs caractéristiques organoleptiques, comme la Salmonelle, la Listeria ou le Campylobacter. En d’autres termes, une salade périmée peut avoir l’air bonne à consommer, et pourtant provoquer une maladie potentiellement grave, comme la salmonellose ou la listériose. C’est pourquoi nous ne devons pas nous fier à nos sens.

Si la date de péremption est dépassée, la prudence commande de jeter l’aliment, même s’il semble en bon état. C’est une chose qu’une grande partie de la population semble encore ignorer. Selon un rapport publié par l’Association des fabricants et distributeurs, en 2019, 43% des personnes interrogées (51% s’il s’agit de personnes de plus de 65 ans) pensent que les aliments sont sûrs même s’ils sont périmés, au point que 73% disent les consommer une fois leur date de péremption passée.

Les aliments dont il faut absolument respecter la date de péremption

Il y a de nombreux aliments que l’on peut consommer après la date de péremption. En revanche, pour d’autres, cela peut être dangereux (pour les raisons que l’on vient d’évoquer). Les voici :

Lait ouvert depuis plus d’une semaine

Le lait, une fois ouvert, perd sa barrière protectrice contre l’environnement extérieur. Il est donc nécessaire de le conserver au réfrigérateur afin d’inhiber l’action des micro-organismes. Bien que le temps pendant lequel le lait reste en bon état avec l’emballage ouvert dépende du traitement auquel il a été soumis (pasteurisation, stérilisation), la durée maximale de conservation ne dépassera pas quatre à cinq jours. Le lait en mauvais état a un goût acide et désagréable, une couleur jaunâtre et une texture semblable à celle du yaourt. Dans ce cas, il doit être jeté.

Les œufs

Les œufs sont le seul aliment dont la date de péremption est fixée par la loi : 28 jours après la ponte. Selon un rapport de l’Autorité européenne de sécurité des aliments, l’augmentation d’une semaine de la date limite de consommation accroît le risque d’infection par Salmonella de 40 % pour les œufs crus. Rappelons que cet agent pathogène n’altère pas les caractéristiques organoleptiques de l’aliment).

Poisson en conserve, fromage, vin, viande

Au fil du temps, les protéines et les acides aminés entraînent la formation d’amines biogènes, telles que l’histamine, qui peuvent provoquer des réactions indésirables potentiellement dangereuses pour la santé (urticaire, diarrhée, hypotension, etc.). Ces composés ne sont pas détectés par l’odorat et ne sont pas détruits par la cuisson.

Articles similaires

logo_mc_faciliter_blanc

Recevez notre Newsletter Conso