Argent

Peut-on faire confiance à Yuka ?

En quelques années à peine, Yuka est devenue l’application de référence pour passer au crible les étiquettes de nos produits. Pourtant, l’algorithme utilisé par l’application ne s’avère pas toujours être fiable. Ainsi, certains produits ne présentant pourtant aucun risque peuvent rapidement se retrouver avec une note désastreuse. Mais à l’inverse, certains composants nocifs passent totalement à la trappe. Pour démêler le vrai du faux et savoir si vous pouvez avoir une confiance aveugle envers Yuka, nous vous proposons d’analyser en profondeur le fonctionnement interne de ce traqueur incontournable. 


Derrière Yuka se cache une équipe de 11 personnes. À sa tête, Anthony Bertou, nutritionniste et fondateur du site La Santé par la nutrition. Ce dernier a la lourde tâche de relire et valider toutes les fiches produits. Pourtant, malgré un travail pointilleux et sérieux, l’application peut parfois mal noter certains produits et nous induire en erreur. En cause notamment, les additifs, mal pris en compte, qui influent sur chaque note. 

Comment fonctionne l’application Yuka ?

L’application se charge d’attribuer une note sur 100, basée sur trois critères fondamentaux :

  • la qualité nutritionnelle du produit. Cette dernière compte pour 60% de la note finale
  • le taux d’incidence des additifs. Un code couleur est alors utilisé pour illustrer le danger potentiel de ces derniers: sans risque (vert), risque faible (jaune), risque modéré ou limité (orange), risque élevé (rouge). Le score obtenu compte pour 30% de la note globale
  • les derniers 10% sont attribués selon la dimension BIO de chaque produit. 

Ce dernier point représente la première faille de l’application. Car bio ne rime pas toujours avec bienfaits pour notre organisme. Il faut entendre par là que le seul critère biologique de tel ou tel produit est lui-même soumis à la législation en vigueur dans le pays de fabrication. Ainsi, les règles ne seront pas les mêmes pour un produit labellisé bio produit en France comparé à un produit biologique venant d’un autre coin du globe. 

Notre astuce : n’oubliez pas de vérifier la provenance du produit. Il faut à tout prix se tourner vers des produits bio fabriqués, cultivés ou manufacturés en France. Importer un produit bio d’une autre partie du monde sera sans doute sans risque sur votre santé, mais l’impact écologique sera désastreux. Il suffit d’imaginer les quantités de carburants utilisées pour son seul transport !

Un algorithme pas toujours fiable

Les incohérences peuvent rapidement se multiplier. En effet, il suffit de prendre le seul exemple des boissons sucrées pour s’en rendre compte. Au global, les sodas classiques comme le Coca-Cola ou le Sprite écopent d’une note de 20/100 au maximum. Ce score s’explique naturellement par une teneur en sucre bien trop importante, mais surtout par la présence d’additifs (agents de texture, de goût et conservateurs) peu reluisants. Mais surprise, une boisson comme l’Orangina se retrouve mieux notée, car l’application omet quelques ingrédients clés dans sa liste de référence. L’Orangina contient notamment du benzoate de potassium, grand absent dans les données collectées par Yuka. Ce composant est décrié depuis de nombreuses années et devrait être interdit sur le sol européen d’ici deux ans !

Autre exemple flagrant avec les jus de fruits. Si Yuka analyse chaque ingrédient, l’application ne semble pas faire la différence entre une boisson 100% pur jus et un jus composé exclusivement de concentrés. Pourtant, les qualités nutritionnelles sont évidemment bien différentes dans ce cas précis. Ainsi un jus bas de gamme à base exclusivement de concentrés caracole avec une note de 50/100 laissant sur le tapis un pur jus avec un faible score de 29/100 !

Le cas particulier des produits de beauté

Il est désormais possible de passer au crible nos produits de beauté favoris, notamment au rayon shampoings et gels douche. Mais cela se révèle être une fausse bonne idée. Yuka va se baser exclusivement sur chaque composant, ignorant que c’est leur mélange dans les cosmétiques qui peut s’avérer dangereux. Un silicone seul n’aura qu’un faible impact sur votre peau. Par contre, à partir de trois dans le même produit, leur combinaison peut devenir rapidement occlusive et causer au fil du temps des allergies et petites lésions cutanées. 

Le bon sens reste de mise

Évidemment, Yuka reste un indicateur plutôt fiable pour vous éviter de nombreuses déconvenues. Mais il faut rester prudent et prendre le temps d’analyser vous-même la liste des composants. Parfois, une formule change et l’application n’a pas encore mis à jour les données dans son propre système. Ce fut le cas récemment avec une marque de gâteaux réputée, qui a décidé d’enlever de ses ingrédients une quantité importante de sucre et de nombreux agents de texture. Ainsi, en appliquant le système de notation habituel, on devrait désormais obtenir une note de 75/100. Mais Yuka reste sur un score de 25 ! D’une manière générale, pour s’éviter de tout devoir scanner, bannissez les plats préparés, les confiseries et pâtisseries industrielles et les sauces prêtes à l’emploi. Optez pour des produits frais que vous pourrez accommoder vous-même, vous permettant ainsi de maîtriser leurs apports caloriques !

Vous l’aurez compris, malgré son envie de bien faire, l’application Yuka est à utiliser avec parcimonie. Soyez attentifs aux composants, analysez bien chaque étiquette et n’hésitez pas à lire attentivement les avis consommateurs avant de faire votre choix !

Articles similaires

logo_mc_faciliter_blanc

Recevez notre Newsletter Conso